
Une série féminine pour garçons
Par sa blondeur et sa gentillesse, Sarah nous rappelle les héroïnes de bande dessinée ou d'animé japonais des années 70. De ce fait, La cité des inventeurs est immédiatement accessible à un public féminin.
Mais le thème de la série - subir et contrecarrer les désastres que l'on provoque - est, lui, plus proche des cartoons énergiques pour garçons.
En matière de réalisation, le rythme est rapide - format de 11 minutes et humour slapstick obligent - sans être abrutissant.
L'humour provient autant des réactions des protagonistes (place importante des dialogues) que de l'effet "boule de neige".
Malgré le désordre ambiant, l'écriture comme la réalisation refusent les effets faciles, les explications bâclées. Le chaos est cohérent. La cité des inventeurs possède une logique propre (bien que loufoque) qui n'insulte jamais l'intelligence des spectateurs. |

De l'action subtile et crédible
Dans de nombreuses séries actuelles, on a parfois le sentiment que l'action (cascades, cris, destructions...) n'a que 2 fonctions : remplir les épisodes et "scotcher" le spectateur à son fauteuil. Mais lorsqu'arrive le générique, il n'en reste rien.
Dans La cité des inventeurs, il n'y a pas de pouvoirs magiques, de méchants diaboliques ou d'ego surdimensionnés. Pourtant, chaque aventure de Sarah est aussi énergique qu'une série de super-héros.
La différence réside dans la nature de l'action. Un simple détail, plausible et apparemment inoffensif, se transforme inévitablement - pour le malheur de Sarah, et le bonheur de l'audience - en un véritable capharnaüm.
Chaque épisode rappelle le gag de la personne, bien intentionnée, qui veut arracher le fil qui dépasse... et se retrouve à détricoter tout le précieux tapis.
Bien sûr, le milieu instable et légèrement magique de la Cité contribue aux malheurs de Sarah. Mais dans la plupart des cas, nos protagonistes doivent utiliser leur intelligence pour se sortir de ce mauvais pas. Une réponse humaine, logique, qui respecte le Q.I des spectateurs et ne fait qu'augmenter l'attachement aux personnages et à la série. |
Un univers rétro-futuriste
Inspirée, à l'origine, par la bande dessinée d'Alain Saint-Ogan : Zig & Puce au XXIème siècle (1934), la mégalopole de notre série est rapidement devenue un personnage à part entière.
Le concept de base - le futur tel qu'on l'imaginait il y a 80 ans - a été étoffé par des idées fortes :
1 - Une ville, plantée sur un pic rocheux, en perpétuelle expansion.
2 - Une structure en spirale (en forme de nautile) pour loger chaque nouvelle génération de savants fous.
3 - Un design intérieur lumineux et aérien.
Accrochés à un squelette métallique, type tour Eiffel, les immeubles s'enroulent autour du centre-ville, où est venu s'installer le tout premier inventeur, il y a plus de 30 ans.
Trois décennies qui correspondent approximativement aux années 1900-1930.
Les inventeurs - hommes et femmes - possèdent un style vestimentaire qui renvoie aux premières années du siècle dernier. Toutefois, ce repère historique n'est que partiellement réaliste, car il s'agit d'un début de siècle alternatif. En effet, hauts de forme et chemises à jabot y côtoient téléphones portables, robots vintage et vaisseaux spatiaux.
Autant de concepts et de références qui seront unifiés par un design global un peu naïf, gentiment rétro. Un aspect apaisant et lisse, rendu possible par la 3D, capable de donner un côté translucide, une rondeur « Shamallow » à tous les édifices de notre cité de créateurs.
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